shadow_rs, Sligfear, iloveketa, jbdedieu et 19 utilisateurs inconnus KomA | Biographie
Laurent Daumail, alias DJ Cam, est l'un des rares français a avoir émergé de la vague trip-hop qui a parcouru l'Europe pendant les années 90, avec ses compères Mighty Bop et La Funk Mob.
Bien qu'ayant grandit à Paris, DJ Cam a été fortement imprégné par la culture hip-hop américaine qui déboula en France dans les années 80. Mais son goût pour l'abstraction et pour les samples obscurs de jazz donnèrent à ses premières productions hip-hop un son plus proche des disques du label anglais Mo'Wax que de ceux du rap français alors en vogue.
Son premier album Underground Vibes sort en 95, suivi d'une version live intitulée Dubbed Underground Vibes. Il décroche alors des collaborations remarquées (Snooze, DJ Krush), et signe de nombreux remix (pour Tek9, La Funk Mob...).
Son deuxième véritable album, Substances sort en 96 sur Inflammable Records/Sony, toujours dans le même registre abstract hip-hop. 98 voit la sortie de The Beat Assassinated, qui marque un retour à ses racines hip-hop. Un disque hélas moins convaincant, et auquel The Loa Project vol. 2 (2000) répond par un retour à un trip-hop métissé et mystique beaucoup plus réussi. |
KomA | DJ CAM - Underground Vibes
(Inflammable/Columbia, 1995)
C'est à une époque où le trip-hop se limitait aux contours de Bristol et du label Mo'Wax que Laurent Daumail, alias Dj Cam, a commencé à sérieusement affuter ses platines.
Avec comme seuls bagages une passion invétérée pour Public Enemy et pour les disques jazz de son père, c'est dès son adolescence que Dj Cam organise des soirées black music dans différents coins de la capitale. Et c'est en 1993 qu'il largue sa première missive, le maxi Dieu Reconnaîtra Les Siens, largement en avance sur son temps.
Premier album de Dj Cam, Underground Vibes possède cette fraîcheur typique, ce son caractéristique du trip-hop atmosphérique du milieu des années 90. Mais c'est sur son tempo bien particulier que Dj Cam diffère de ses confrères: lent, posé, régulier, le rythme transporte l'auditeur dans un univers réconfortant et langoureux. La fusion entre hip-hop et jazz est délicate et totalement maîtrisée par son auteur, respectueux du moindre sample utilisé. Quelques doux scratches placés stratégiquement rendent le climat des plus léthargiques.
Bande-son idéale pour se reposer, les morceaux Gangsta Shit et Mad Blunted Jazz sont de petites perles teintées de vibraphone et qui n'ont pas pris une ride au fil des ans. Admirateur et ami de Dj Krush, le français s'essaie à sa manière au minimalisme, plaçant savamment quelques touches de piano et quelques nappes de violon sur des beats enfumés et nocturnes. Laurent Daumail sait aussi se montrer plus sec, comme sur le percutant hip-hop de Return Of The Jedi, qui réveille en sursaut nos tympans précédemment bercés par le pluvieux et mélancolique Romantic Love. Le spoken word de la sensuelle Ben sur Sang Lien parachève l'ambiance résolument douce et féminine de l'ouvrage. Doté d'une parfaite homogénéïté suffisamment rare pour être signalée, le disque développe sur toute sa longueur d'amoureuses et séduisantes textures naturelles, puis se termine sur un remix de Minus 8 peu intéressant.
Simple et sans grands artifices, Underground Vibes est seulement un album de passionné, fabriqué avec beaucoup de sincérité et d'humilité. Sans être totalement indispensable, ce disque extrêmement attachant recèle néanmoins de nombreuses qualités et ne semble pas vouloir vieillir. A coup sûr le meilleur album de Dj Cam.[/i] |
KomA | DJ CAM - Substances
(Inflammable/Columbia, 1996)
Suite à Underground Vibes, la carrière de Dj Cam a vite décollé. L'homme qui fait pleurer les platines, comme on le surnomme, s'est vu bénéficié d'une petite notoriété dans toute l'Europe mais aussi d'un succès non-négligeable au Japon. Ce qui a bien évidemment précipité la venue de ce nouvel opus aux doux accents aquatiques, et immiscé son auteur dans le cercle très fermé de la french touch branchouillarde.
Substances a le mérite de bien porter son nom. Délaissant les samples un peu trop secs mais conservant toujours la même feutrine jazzy, Dj Cam s'essaie cette fois à des sonorités nettement plus électroniques. Il en résulte un second album plus végétal et qui se permet de nombreux écarts en dehors de sa ligne conductrice abstract hip-hop. Et si le sample demeure toujours la matière principale, il est agrémenté de nombreux sons et percussions synthétiques sortis tout droit de la banque personnelle du français. Cette atmosphère plus digitale distille un nouveau parfum sur son travail de plus en plus soigné.
L'album débute par son meilleur titre, l'envoûtant Friends And Ennemies, qui confirme toute l'affection que Laurent Daumail porte au jazz. Le morceau est peaufiné par des nappes électroniques et par des voix extraites de productions cinématographiques mystérieuses. La tradition trip-hop dans son aspect puriste est assurée par le old-school mais simpliste Hip-Hop Pionneers ainsi que par l'hymne Innervisions, à la basse entêtante. Mais Dj Cam a décidé de s'accorder une liberté plus large et de s'ouvrir à de nouveaux horizons. C'est ainsi que la chanteuse indienne Kakoli Sengupta vient poser sa voix orientale sur deux titres tribaux inégaux mais reconnaissables entre mille. Grand amoureux des dancefloors, monsieur Cam se permet également de placer un Sound System Children emprunt de house pour secouer un peu ses auditeurs. Et comble de l'audace, le mystique et torturé Twilight Zone achève l'album sur une vraie rythmique de drum'n'bass parcourue d'un violon classique et frénétique. Le reste du disque n'est qu'une succession d'interludes sans grand intérêt, ainsi que deux morceaux largement dispensables.
Bien trop court, agréable sans viser le statut de chef-d'oeuvre, Substances est tout de même un bon album et une pièce de choix dans la discographie de Dj Cam. Les mélodies sont recherchées, l'effort de diversité est palpable et le jazz omniprésent. Pourtant, il manque toujours à Substances ce petit grain de sel, cette folie contrôlée qui font de certains disques des monuments. |
KomA | DJ CAM - The Beat Assassinated
(Inflammable/Columbia, 1998)
Rien ne va plus pour Dj Cam.
A force de fréquenter les milieux de la french touch, de poser sur des compilations branchées techno et de se montrer en compagnie de ses comparses Bob Sinclar et Laurent Garnier, voilà que le dj parisien perd toute la crédibilité hip-hop qu'il avait mis tant de temps à bâtir. Très fâché, il doit réagir en conséquence et produire un album 100% rap afin de rappeler à un monde incrédule que ses racines sont hip-hop sinon rien.
The Beat Assassinated est un album de dur à cuire. Les percussions cognent sec, le tempo s'accélère, la mélodie est annihilée au profit d'ambiances urbaines sans concessions. Tout ce qui faisait le charme des précédents albums s'est envolé, laissant place à un hip-hop assez conventionnel et à de nombreux featuring peu captivants. Le message est clair dès le premier morceau, le brutal I Love Hip-Hop: Laurent Daumail ne fait pas de techno, et tout le monde doit l'admettre à travers cette série de scratches ahuris qui ornent le morceau.
Première règle pour faire un bon album de rap: recruter des rappeurs. Dj Cam a ses petites relations et donc il ne se prive pas pour inviter quelques guests sélectionnées par ses soins. Si aucun featuring de The Beat Assassinated ne restera réellement dans les mémoires, on citera néanmoins deux interventions plutôt réussies. Tout d'abord le mc Otis sur Hardcore Freestyle, titre pas forcément passionnant mais qui a le mérite d'innover en donnant dans la jungle mutante. Puis celle de Dadou, leader du groupe toulousain KDD sur un L'Invasion qui sonne en vérité comme n'importe quelle bonne production de hip-hop français.
A aucun moment le disque ne nous épate. La banalité de Baron Samedi ne provoque rien dans notre mental déjà si habitué à ce genre de rythmiques évidentes. Incontestablement, c'est l'imposant breakbeat Success, par ailleurs maxi clef de l'album, qui remporte la palme du meilleur titre de The Beat Assassinated. Ce mini-hit en puissance demeure toujours à l'heure actuelle l'un des morceaux les plus entraînants de Dj Cam, apte à faire remuer les têtes des plus difficiles d'entre nous. Malheureusement, la subtilité et le jazz ne sont plus la composante principale de l'ouvrage.
Au final, The Beat Assassinated déçoit. Sur cet album bien trop inégal, Dj Cam semble avoir donné priorité à son image et non plus à sa musique, amplifiant par là une mauvaise réputation qui l'accablait déjà depuis deux ans auprès de son public d'origine. Un disque à réserver aux fans inconditionnels de Laurent Daumail, les autres s'en passeront. |
KomA | DJ CAM - Loa Project II
(Inflammable/Columbia, 2000)
Curieusement, Dj Cam n'a jamais été très apprécié en France.
Entre les fans de rap qui ne voulaient pas que Laurent Daumail ne vienne ajouter de l'électronique à leur musique et les fans d'électronique qui lui reprochaient de trop vouloir imiter Dj Premier, beaucoup de choses désagréables se sont dites sur Dj Cam tandis que ce dernier récoltait un succès mérité en Angleterre et au Japon. Son précédent album, The Beat Assassinated, fut un coup de gueule peu apprécié du public: Dj Cam y renonçait au trip-hop au profit d'un rap facile qui laissa plus d'un auditeur de marbre. Mais l'homme sait se remettre en question et après un cd-rom intitulé Loa Project convena d'un demi retour aux sources sur un album marqué du joug du millennium, Loa Project II.
Loa Project II prend ses racines dans le monde vaudou et une ligne mystique parcourt la totalité du disque en ne fléchissant que rarement. Le morceau d'introduction, l'énervé Millennium, annonce la couleur: le nouveau Dj Cam est un compromis entre ses premiers amours jazz et le rap du précédent opus. Les percussions sont sèches, les samples agressifs mais l'atmosphère est résolument trip-hop et mystérieuses. Les retours aux sources les plus frappants sont également les meilleurs titres du disque: la batterie déconstruite et les samples tribaux minimalistes de Voodoo Jazz, le hip-hop mélodique et électronique de Ghetto Love ainsi que l'abstract progressif se muant en house de Juliet font sans peine partie des incontournables de l'artisan français. Ce dernier morceau amoureux a d'ailleurs eu un clip l'ayant consacré emblême de Loa Project II. Entre temps, Dj Cam s'est fiancé et au spirituel de ces hymnes s'ajoute également un romantisme parisien typique comme sur Angel Heart, titre final aussi simple qu'efficace.
Au rayon des titres certifiés hip-hop, on note entre autres un Mental Kombat emplis à craquer de scratches meurtriers ou bien l'interlude jazzy Waiting For Frank Black. Eclectique et plus diversifié que la moyenne, Loa Project II n'accomplit pas toujours ses objectifs: quand plus loin Dj Cam tente un titre pour boîtes de nuit, il ne convainc pas trop. Et quand il tente en fin d'album un crossover R'n'B avec la chanteuse China, il échoue complètement. Le disque n'est pas exempt de tentatives avortées et de musique métissée. Néanmoins, ces morceaux prouvent que l'homme a abandonné tout complexe et se fiche désormais de son image ainsi que du tiroir où on le rangera. Comme à ses débuts, Dj Cam en revient au cœur et à ses envies pour composer sa musique.
Loa Project II n'est finalement qu'un album à l'image de son auteur: une œuvre honnête, attachante et dont les faiblesses font partie du charme. Un disque avec de bons moments et qui rappelera parfois la nostalgie des premiers morceaux du français. |
KomA | DJ CAM - The French Connection
(Shadow records, 2000)
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KomA | CAM - Soulshine
(Inflamable/Columbia, 2002)
Mais cette fois-ci, ce n'est pas Dj Cam mais Cam tout court, il y a des musiciens, le son sonne beaucoup plus soul mais aussi très jazz (en concert, ça donne un gigantesque boeuf jazzy..), il n'y a plus ou presque plus de samples( vant Dj Cam était surtout critiqué pour son manque de créativité puisque tout se basait sur les samples - et pourtant..).
Bref, 15 titres excellents, des collaborations comme sur Condor où apparait, sur Summer In paris avec la magnifique Anggun et bien d'autres encore.
Un album surprenant ,impressionnant et surtout inattendu de la part de DJ Cam. Il montre encore une fois son envie d'éclectisme, son refus de rester planté dans les mêmes horizons musicaux, bref,un "monsieur" comme on dit..
Bravo ![/img]
Mais cette fois-ci, ce n'est pas Dj Cam mais Cam tout court, il y a des musiciens, le son sonne beaucoup plus soul mais aussi très jazz (en concert, ça donne un gigantesque boeuf jazzy..), il n'y a plus ou presque plus de samples( vant Dj Cam était surtout critiqué pour son manque de créativité puisque tout se basait sur les samples - et pourtant..).
Bref, 15 titres excellents, des collaborations comme sur Condor où apparait, sur Summer In paris avec la magnifique Anggun et bien d'autres encore.
Un album surprenant ,impressionnant et surtout inattendu de la part de DJ Cam. Il montre encore une fois son envie d'éclectisme, son refus de rester planté dans les mêmes horizons musicaux, bref,un "monsieur" comme on dit..
Bravo ! |
KomA | DJ CAM - Liquid Hip Hop
(Inflamable/Nocturne, 2004)
Après un détour soul plus ou moins bien accueilli par la critique, c'est non sans plaisir que l'on retrouve notre Cam français qui, au passage, a récupéré son "Dj". Liquid Hip Hop s'annonce donc comme le retour à l'art le plus maîtrisé de celui "qui fait pleurer ses platines", à savoir un abstract très hip hop.
Premier point satisfaisant, l'album s'écoute très facilement d'une traite, et les morceaux s'enchaînent avec une souplesse inattendue. Hommage à Dj Premier dés la 3ème piste (Laurent Daumail ne s'est jamais caché de ses références), le ton est donné, c'est du son bien hip hop qui sort de nos enceintes. Le son très street et avec les scratches impeccables de The Let l'apparition Gangstarienne sur le titre Espionnage (Guru), on sent clairement que Dj Cam à voulu imposer à son disque un son très "rue", il le concède par ailleurs dans le titre de son introduction. Et force est de constater que dans l'ensemble, il y arrive plutôt bien.
Quelques bémols, toutefois, il n'y pas de véritable "tuerie", et si les morceaux sont relativement constants, la sauce ne prend pas toujours, je pense notamment a Love Junkee, un peu anecdotique. On pourra reprocher à Dj Cam de ne rien inventer, et de jouer habilement avec les vieilles recettes, c'est néanmoins ce qui fait la force de ce disque, efficace dans la simplicité, et à l'écoute particulièrement agréable en ces temps ou le hip hop à tendance à se compliquer parfois un peu abusivement.
Laurent Daumail avait sortit en 1998 The Beat Assassinated, dans la pure volonté de casser son image qui, à l'époque, s'était trop éloigné d'un mouvement Hip Hop qu'il revendiquait. Ce Liquid Hip Hop est un bien meilleur hommage. |

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